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Solar Impulse 2

Solar Impulse 2 est un démonstrateur monoplace qui a accompli un tour du monde par étapes grâce à l’énergie solaire en 2015-2016.

Photographie — Solar Impulse 2 à Hawaï pendant son tour du monde, avril 2016
Solar Impulse 2 à Hawaï pendant son tour du monde, avril 2016 · Photo : Anthony Quintano · CC BY 2.0 · Source : Wikimedia Commons

Histoire

Solar Impulse 2 prolonge le projet suisse lancé par Bertrand Piccard et André Borschberg pour explorer le vol solaire de longue durée. Leur démarche porte autant sur la gestion de l'énergie que sur la construction d'un avion : il faut voler le jour, accumuler de l'électricité et poursuivre le trajet après le coucher du soleil. Un premier appareil, immatriculé HB-SIA, fournit une expérience essentielle lors de vols prolongés et d'une traversée des États-Unis. Le second, HB-SIB, est conçu pour un voyage autour du monde par étapes. Il ne s'agit ni d'un avion de transport commercial ni d'un appareil destiné à emporter plusieurs passagers, mais d'un démonstrateur piloté consacré à une mission précise.

La cellule légère en matériaux composites porte une très grande aile couverte de cellules photovoltaïques. L'électricité alimente quatre moteurs entraînant des hélices et recharge des batteries utilisées durant la nuit. L'avion associe donc production, stockage et consommation au sein d'un même bilan énergétique. Pendant la journée, l'altitude acquise participe aussi à la gestion du vol ; durant la nuit, une descente progressive accompagne l'emploi de l'énergie stockée. Cette architecture impose une vitesse modérée et une attention constante à la météo. Le cockpit ne reçoit qu'un pilote, ce qui transforme l'endurance humaine en contrainte aussi concrète que la masse des batteries ou la puissance disponible pour maintenir l'avion en vol.

Le premier vol de Solar Impulse 2 a lieu à Payerne, en Suisse, le 2 juin 2014, avec le pilote d'essai Markus Scherdel. Les essais servent à vérifier le comportement d'une machine dont les dimensions et la légèreté demandent des procédures particulières au sol comme en l'air. Le tour du monde commence à Abou Dhabi le 9 mars 2015. Piccard et Borschberg alternent ensuite aux commandes, chacun effectuant seul les étapes qui lui sont confiées. Il n'existe pas ici de mise en service au sens d'une ligne régulière : l'emploi opérationnel correspond à une campagne expérimentale et à une expédition, avec des objectifs, des équipes et des moyens de soutien spécifiques.

Le parcours passe par l'Asie avant une traversée du Pacifique réalisée en plusieurs étapes. Le vol de Borschberg entre le Japon et Hawaï dure près de cinq jours, ce qui impose de gérer simultanément énergie, vigilance et repos très bref. Des dommages aux batteries entraînent ensuite une interruption prolongée à Hawaï ; l'expédition reprend en 2016. L'avion traverse alors les États-Unis, puis Piccard réalise la liaison au-dessus de l'Atlantique entre New York et Séville. Après des étapes méditerranéennes, Solar Impulse 2 revient à Abou Dhabi le 26 juillet 2016. La boucle est accomplie en dix-sept étapes, et non par un vol sans escale ou par un unique pilote demeuré à bord pendant tout le voyage.

Solar Impulse 2 doit être distingué du premier Solar Impulse, dont il reprend le principe sans être un simple changement de nom. Le second appareil possède une cellule et des capacités adaptées à des étapes beaucoup plus longues. Les deux machines appartiennent à une même démarche expérimentale, mais leurs vols et leurs caractéristiques ne sont pas interchangeables. Il n'existe pas de famille de variantes commerciales comparable à celle d'un avion de ligne. L'évolution du projet se lit plutôt dans les enseignements tirés du premier démonstrateur, la préparation du second et les modifications rendues nécessaires par l'expérience. La réparation des batteries durant l'expédition fait partie de cette histoire technique, au même titre que les traversées réussies.

L'apport historique de Solar Impulse 2 réside dans un tour du monde piloté utilisant l'énergie solaire pour la propulsion, avec des vols de jour et de nuit. Ce résultat ne signifie pas que l'appareil reproduit les missions d'un avion de ligne : vitesse, charge utile et conditions d'exploitation sont très différentes. L'expérience donne surtout une forme visible aux problèmes du stockage électrique et de la sobriété énergétique en aéronautique. Elle met également en évidence le travail des prévisionnistes, des ingénieurs et des équipes au sol derrière la présence d'un seul pilote dans le cockpit. Le bilan de l'expédition repose ainsi sur une réalisation établie et sur ses contraintes documentées, sans lui attribuer des applications commerciales qu'elle n'a pas démontrées.

Pourquoi il a compté

  • Solar Impulse 2 a bouclé un tour du monde solaire en dix-sept étapes en 2015-2016.
  • Il a associé production photovoltaïque et stockage sur batteries pour voler de nuit.
  • Ses longues étapes ont fait de l’endurance du pilote une composante centrale de l’expérience.

Où le voir aujourd'hui

Aucun exemplaire exposé connu de façon certaine

Sources

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