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Constructeur

Bombardier / Canadair

Issue d’une entreprise québécoise de véhicules de neige et de l’héritage de Canadair, Bombardier est devenue un constructeur majeur d’avions régionaux et d’affaires.

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Photographie — Bombardier CRJ900 d'Air Nostrum
Bombardier CRJ900 d'Air Nostrum · Photo : Lasse B. · CC BY-SA 2.0 · Source : Wikimedia Commons

De Bombardier à Canadair

L’entreprise Bombardier est fondée par Joseph-Armand Bombardier à Valcourt, au Québec, en 1942. Son activité initiale concerne les véhicules à chenilles conçus pour les déplacements hivernaux, et non la construction aéronautique. Au fil des décennies, la société diversifie sa production vers les transports terrestres, notamment les autobus et les trains. Cette histoire explique pourquoi l’expression « Bombardier » désigne à la fois une entreprise industrielle plus large et, dans une période ultérieure, un constructeur d’avions. Les activités aéronautiques sont acquises et développées par étapes.

Canadair, de son côté, est créée à Montréal en 1944 comme entreprise aéronautique. Elle produit des avions militaires et civils, notamment des appareils de transport et des avions amphibies. Privée de 1946 à 1976 sous le contrôle d’Electric Boat, puis de General Dynamics, elle devient ensuite une société d’État jusqu’à son rachat par Bombardier en 1986. Le CL-215, avion amphibie destiné à la lutte contre les incendies, et le CL-44 de transport illustrent la diversité de ses réalisations. Canadair développe également le Challenger, avion d’affaires dont les origines industrielles deviennent importantes pour le groupe Bombardier.

En 1986, Bombardier acquiert Canadair auprès du gouvernement canadien. Ce rachat apporte une activité aéronautique constituée, des programmes en cours et un savoir-faire de conception, de production et de soutien. Bombardier poursuit le développement de la famille Challenger et cherche à étendre son portefeuille dans l’aviation civile. L’acquisition marque un changement durable pour le groupe, sans effacer l’identité historique de Canadair, qui reste employée dans les noms de produits et dans le récit de l’industrie aéronautique canadienne.

Jets régionaux

Bombardier élargit son activité aéronautique en acquérant en 1989 la société Short Brothers, en Irlande du Nord, puis en 1990 Learjet, constructeur américain d’avions d’affaires. Ces opérations lui donnent des sites, des équipes d’ingénierie et des gammes de produits complémentaires. En 1992, Bombardier acquiert également de Havilland Canada, dont les avions turbopropulseurs sont largement utilisés sur les lignes régionales. Ces acquisitions font du groupe un acteur présent dans plusieurs segments, mais leurs intégrations exigent une coordination industrielle et commerciale à l’échelle internationale.

Le Canadair Regional Jet, ou CRJ, est développé à partir de l’expérience du Challenger, avec un fuselage allongé et des aménagements adaptés au transport de passagers. Le CRJ100 effectue son premier vol en 1991 et entre en service en 1992. Des versions plus longues et de capacité accrue suivent, dont les CRJ200, CRJ700, CRJ900 et CRJ1000. Les appareils sont conçus pour desservir des marchés régionaux et deviennent courants dans les flottes de compagnies aériennes et de transporteurs affiliés. Leur exploitation dépend cependant de la réglementation, des coûts du carburant, des accords de travail et des réseaux des compagnies.

Les programmes CRJ contribuent à faire de Bombardier un constructeur reconnu d’avions de ligne de moindre capacité. La famille évolue par versions successives, avec des modifications de cabine, de motorisation et de systèmes. En parallèle, les turbopropulseurs hérités de de Havilland Canada restent en production sous Bombardier avant la cession de cette activité. Le groupe développe aussi ses avions d’affaires, notamment les Challenger et Learjet, ce qui entretient des compétences communes en conception et en fabrication tout en répondant à des usages commerciaux distincts.

CSeries et A220

Au milieu des années 2000, Bombardier lance le programme CSeries, conçu comme une famille de biréacteurs monocouloirs de 100 à 150 places. Le projet vise une nouvelle génération d’appareils avec une structure largement composée de matériaux avancés et des moteurs de nouvelle génération. Le développement et la production mobilisent des partenaires internationaux, tandis que l’assemblage final est établi à Mirabel, au Québec. Le programme constitue un investissement important et connaît des retards et des difficultés financières avant son entrée en service.

Le CS100 effectue son premier vol en 2013; il entre en service commercial en juillet 2016 chez Swiss, sous le nom CS100. Le CS300, devenu plus tard A220-300, commence à être exploité la même année. En octobre 2017, Airbus entre au programme en annonçant un partenariat avec Bombardier autour du programme. L’accord est conclu en juillet 2018: Airbus prend une participation majoritaire dans la société qui porte le programme, Bombardier conservant une participation minoritaire. L’avion est renommé Airbus A220 en juillet 2018. L’assemblage à Mirabel est maintenu, et une seconde ligne d’assemblage est mise en place à Mobile, en Alabama.

En février 2020, Airbus acquiert la participation restante de Bombardier dans le programme, tandis que Bombardier cède aussi sa participation à Investissement Québec. Ces opérations placent le programme sous le contrôle d’Airbus. Le développement du CSeries avait apporté à Bombardier une expérience industrielle et commerciale importante, mais son coût et les besoins de financement ont contribué à la réorganisation du groupe. Le nom A220 désigne désormais la famille d’avions, et non une gamme commercialisée par Bombardier.

Cessions et recentrage

À partir de la seconde moitié des années 2010, Bombardier réduit ses activités d’avions commerciaux et se concentre sur l’aviation d’affaires. En novembre 2018, la société annonce la cession du programme Dash 8 à Longview, maison mère de Viking ; l’opération est finalisée en juin 2019. En 2020, elle cède à Mitsubishi Heavy Industries le programme CRJ et les activités de soutien associées. La transaction est finalisée en juin 2020. Mitsubishi reprend alors la responsabilité du soutien et des services aux exploitants du CRJ, tandis que les sites de production de Bombardier ne sont pas transférés comme une ligne de fabrication active.

Les ventes de ses participations dans le programme A220 et les cessions du secteur des avions commerciaux transforment profondément la place de Bombardier dans l’aéronautique. Le groupe poursuit la fabrication et le soutien de ses avions d’affaires, notamment les familles Challenger et Global. Les appareils Global occupent le segment des jets à grande autonomie; les Challenger couvrent d’autres besoins d’aviation d’affaires. Bombardier maintient également des activités de services, de maintenance et de soutien technique. Ce recentrage ne signifie pas que l’entreprise a quitté l’aéronautique, mais que son portefeuille ne comprend plus de programmes d’avions commerciaux en production.

L’histoire du groupe rassemble ainsi des trajectoires distinctes: les véhicules de neige de l’entreprise fondée au Québec, l’héritage aéronautique de Canadair, les acquisitions de constructeurs et le développement des CRJ et du CSeries. Les activités d’avions commerciaux ont été séparées ou cédées, tandis que l’entreprise actuelle consacre ses activités aéronautiques à l’aviation d’affaires. Le nom Canadair demeure associé à des programmes et à une histoire industrielle dont l’importance dépasse la période où elle appartenait à Bombardier. Cette distinction entre entreprise historique et activité actuelle permet de présenter les faits sans confondre les avions autrefois construits avec le portefeuille présent du groupe.

Avions marquants

Autres modèles

  • Canadair CL-215
  • Canadair CL-44
  • Canadair Regional Jet (CRJ)
  • Bombardier CSeries / Airbus A220
  • Learjet 45
  • Global 7500

Sources

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