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1917–2000

Jacqueline Auriol

Pilote d'essai et détentrice de records de vitesse, Jacqueline Auriol participe à l'essor de l'aviation à réaction française.

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Photographie — Jacqueline Auriol à Toulouse-Blagnac lors du premier vol de Concorde, 2 mars 1969
Jacqueline Auriol à Toulouse-Blagnac lors du premier vol de Concorde, 2 mars 1969 · Photo : André Cros · CC BY-SA 4.0 · Source : Wikimedia Commons

Parcours

Née Jacqueline Douet à Challans, en Vendée, Jacqueline Auriol ne se destine pas d'abord à l'aviation. Elle s'intéresse aux arts et épouse Paul Auriol, fils du futur président de la République Vincent Auriol. Elle apprend à piloter après la Seconde Guerre mondiale et obtient son brevet de tourisme en 1948. Le vol devient progressivement une activité professionnelle, et non un simple loisir lié à sa position sociale. Sa carrière se construit au moment où l'aviation à réaction transforme les performances et les méthodes de travail des pilotes.

En 1949, elle est grièvement blessée au visage dans l'accident d'un hydravion dont elle est passagère. Les opérations et la convalescence interrompent son apprentissage sans mettre fin à son projet. Elle reprend le vol, acquiert de nouvelles qualifications et poursuit sa formation sur des appareils plus rapides. Ce retour ne relève pas seulement d'une volonté personnelle : il suppose de retrouver l'aptitude médicale, de satisfaire aux exigences techniques et d'obtenir la confiance des équipes chargées des avions qu'elle doit conduire.

Elle se rapproche du Centre d'essais en vol et suit la formation de l'École du personnel navigant d'essais et de réception. En 1954, elle devient la première Française brevetée pilote d'essai. Cette qualification distingue son parcours de celui d'une aviatrice uniquement engagée dans les compétitions. Essayer un avion demande de suivre un programme, de décrire précisément son comportement et de travailler avec les ingénieurs. Auriol entre ainsi dans un milieu professionnel où les femmes demeurent très peu nombreuses.

Réalisations

Dès 1951, Auriol établit un record féminin de vitesse sur Vampire. D'autres performances suivent sur des appareils français, dans une compétition internationale notamment marquée par les succès de l'Américaine Jacqueline Cochran. Les catégories et les parcours doivent être distingués : un record sur circuit ne se confond pas avec une pointe de vitesse. Ces vols rendent néanmoins visibles les progrès rapides des réacteurs et la maîtrise nécessaire pour exploiter des avions dont les limites évoluent d'un programme à l'autre.

En août 1953, elle franchit le mur du son à bord d'un Mystère II, devenant la première Européenne à le faire. Elle vole ensuite sur le Mirage III, avec lequel elle poursuit sa série de records dans les années 1960. Ces appareils relèvent de l'industrie développée par Marcel Dassault, mais ses performances ne doivent pas être réduites à une publicité de constructeur. Elles reposent aussi sur la préparation des vols, les contrôles au sol et le travail des organismes chargés d'homologuer les résultats.

Héritage

Jacqueline Auriol meurt à Paris en 2000. Ses mémoires contribuent à transmettre son expérience du vol et de la préparation des essais. Son histoire associe une reconstruction après un accident, une qualification professionnelle et des performances publiques. Dans l'histoire des femmes dans l'aviation, elle montre que l'accès au cockpit ne suffit pas : l'accès aux formations et aux responsabilités techniques compte également. Son parcours éclaire aussi le passage des records spectaculaires à une pratique organisée des essais. Il appartient à l'histoire du vol supersonique, sans se confondre avec celle des seuls avions militaires ou des seuls exploits individuels.

Sources

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