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Dassault Mirage III

Le Mirage III associe aile delta et moteur Atar dans une famille de chasseurs supersoniques largement exportée.

Photographie — Mirage III biplace ex-armée de l'air suisse en vol
Mirage III biplace ex-armée de l'air suisse en vol · Photo : Ank Kumar · CC BY-SA 4.0 · Source : Wikimedia Commons

Histoire

Le Mirage III trouve ses origines dans les recherches françaises des années 1950 sur un intercepteur léger. Les autorités souhaitent répondre à la progression des performances des bombardiers tout en maîtrisant la masse et le coût des chasseurs. Dassault étudie le MD 550, ensuite appelé Mirage I, qui associe une aile delta et deux petits réacteurs. Cette première formule révèle des limites et conduit à revoir les dimensions comme la propulsion. Le Mirage III est un développement plus grand, équipé d'un seul moteur Atar. Il conserve la voilure delta, mais constitue une nouvelle étape dans la recherche d'un appareil capable d'assurer l'interception à vitesse supersonique.

La voilure triangulaire offre une structure adaptée aux vitesses élevées et un volume utile pour le carburant. Elle n'a pas d'empennage horizontal séparé : des élevons assurent les fonctions de profondeur et de gauchissement. Le fuselage tient compte de la loi des aires, afin de limiter la traînée dans le domaine transsonique. Le réacteur SNECMA Atar dispose de la postcombustion, et certaines configurations peuvent recevoir une fusée auxiliaire destinée à améliorer les performances en montée. Ces choix ont des contreparties dans le pilotage et l'exploitation, notamment aux faibles vitesses. Les procédures d'approche et l'entraînement doivent tenir compte des caractéristiques propres au delta, sans assimiler ses qualités à une absence de contraintes.

Le prototype Mirage III effectue son premier vol le 17 novembre 1956, piloté par Roland Glavany. Les essais conduisent aux appareils de présérie Mirage III A et à l'exploration de vitesses atteignant Mach 2. Cette progression demande des travaux sur la propulsion, les entrées d'air et les équipements. Le Mirage III C entre en service dans l'armée de l'Air française en 1961 comme intercepteur. Son radar et son armement s'inscrivent dans un dispositif de défense aérienne comprenant aussi les moyens de détection et de guidage au sol. La performance de l'avion ne suffit donc pas à décrire une mission d'interception, qui dépend également de l'organisation et de la préparation des unités.

L'appareil est adopté hors de France par plusieurs forces aériennes, notamment en Israël, en Suisse, en Australie et au Pakistan. Les contrats peuvent inclure des adaptations nationales ou des fabrications sous licence. Les opérations israéliennes, dont celles de la guerre de 1967, rendent le type particulièrement visible, mais son histoire ne se réduit pas à un seul conflit. Selon les utilisateurs et les versions, il assure défense aérienne, attaque au sol ou reconnaissance. L'entretien des moteurs, la formation et la disponibilité des pièces conditionnent cette carrière autant que les performances annoncées. L'exportation du Mirage III s'accompagne ainsi de relations industrielles et techniques durables entre le constructeur, ses partenaires et les forces utilisatrices.

Les variantes répondent à des besoins distincts. Le Mirage III C privilégie l'interception, tandis que le Mirage III E dispose d'un fuselage modifié et d'équipements adaptés à des missions plus polyvalentes. Les Mirage III R et RD sont consacrés à la reconnaissance photographique, avec des appareils de prise de vues dans le nez. Les biplaces servent notamment à la transformation des pilotes et diffèrent des monoplaces par leurs aménagements. Le Mirage 5 prolonge la lignée avec une orientation initiale vers l'attaque au sol. Il faut distinguer ces désignations dans les chiffres de production : un total regroupant Mirage III, Mirage 5 et Mirage 50 ne représente pas la seule fabrication du Mirage III.

En France, les derniers appareils de cette lignée quittent les unités opérationnelles au milieu des années 1990, certains poursuivant ensuite des activités d'essais. Les retraits à l'étranger suivent des calendriers différents, et plusieurs utilisateurs modernisent leurs avions avant leur remplacement. Les exemplaires conservés permettent de présenter la structure delta, les équipements de reconnaissance ou les différences entre versions. Le Mirage III occupe une place dans l'histoire industrielle française par la diffusion de sa cellule et de ses dérivés. Son héritage comprend également des méthodes de soutien et de coopération à l'exportation. Il illustre la manière dont une formule aérodynamique peut être adaptée à des missions diverses sans rendre identiques tous les appareils d'une même famille.

Pourquoi il a compté

  • Le Mirage III établit la formule delta dans une famille de chasseurs français à Mach 2.
  • Ses variantes couvrent interception, attaque et reconnaissance.
  • Ses exportations comprennent des adaptations et des productions sous licence.

Où le voir aujourd'hui

Sources

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