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Constructeur

Safran

Groupe français d’aéronautique et de défense, Safran est notamment motoriste et équipementier.

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Photographie — Turboréacteur Snecma Atar 8K50 (Super Étendard)
Turboréacteur Snecma Atar 8K50 (Super Étendard) · Photo : Duch.seb · CC BY-SA 3.0 · Source : Wikimedia Commons

Origines

L’histoire industrielle qui conduit à Safran passe par plusieurs sociétés françaises, et notamment Gnome et Rhône. Issue du rapprochement d’activités de moteurs, cette entreprise fabriqua des moteurs à pistons pour l’aviation avant la Seconde Guerre mondiale. Ses moteurs en étoile équipèrent des appareils civils et militaires. La période illustre l’importance de la production nationale à une époque où les motoristes européens cherchaient à maîtriser des technologies essentielles à l’aviation.

En 1945, Gnome et Rhône fut nationalisée et intégrée à la Société nationale d’étude et de construction de moteurs d’aviation, devenue Snecma. La nouvelle entreprise poursuivit la production et la conception de moteurs, puis s’orienta vers les turbines à gaz. Cette transformation s’inscrivait dans la reconstruction de l’industrie française après-guerre. Les moteurs à pistons cédèrent progressivement la place aux turboréacteurs, changement qui reconfigura les compétences, les moyens d’essai et les relations avec les avionneurs.

Essor

Snecma développa la famille Atar, moteur à réaction destiné aux avions militaires français. Des versions équipèrent le Mirage III et d’autres appareils, accompagnant l’essor de l’aviation de combat à réaction. Le programme demanda une adaptation constante des moteurs aux évolutions des cellules, des performances et des conditions d’emploi. Il contribua à constituer une compétence française durable dans les moteurs militaires, parallèle aux programmes civils menés en coopération.

Un autre programme majeur fut l’Olympus 593, développé conjointement par Snecma et Rolls-Royce pour le Concorde. Les deux sociétés contribuèrent à une chaîne propulsive adaptée au vol supersonique de transport : moteur Olympus, postcombustion et tuyère à géométrie variable. L’exploitation commerciale du Concorde débuta en 1976. La coopération franco-britannique associait partage des tâches industrielles et coordination technique, dans un projet qui demeure particulier par son profil opérationnel et son échelle.

Grands programmes

En 1974, Snecma et General Electric créèrent CFM International, société commune destinée à développer et commercialiser une famille de moteurs civils. Son nom associe le CF6 de GE et le M56 de Snecma. Le CFM56 devint l’un des moteurs les plus répandus sur les avions monocouloirs, équipant notamment des versions du Boeing 737 et de l’Airbus A320. Le succès industriel du programme s’appuie sur cette coopération durable, tout en conservant une gouvernance et une marque communes distinctes des deux sociétés mères.

Le M88, développé par Snecma puis Safran, propulse le Rafale. Dans l’aviation civile, le LEAP, conçu par CFM International, équipe des variantes du Boeing 737 MAX, de la famille A320neo et du COMAC C919. Il s’agit d’un programme de coentreprise, et non d’un moteur développé par Safran seul. La conception associe plusieurs partenaires industriels, avec une répartition des responsabilités et une certification propre à chaque application.

Fusions et rachats

En 2005, Snecma et Sagem se rapprochèrent pour former Safran. L’opération réunit des activités de propulsion et des métiers d’électronique, de systèmes et d’équipements. Elle donna naissance à un groupe dont les racines couvrent plusieurs branches de l’industrie française. La nouvelle organisation conserva des sociétés et marques spécialisées, parmi lesquelles Snecma pour les moteurs, tout en développant une identité de groupe commune.

Le rapprochement n’effaça ni la structure de CFM International ni le rôle des partenaires industriels. Safran détient la moitié de cette coentreprise avec GE ; les décisions de programme relèvent de l’accord entre les deux groupes. Au fil du temps, Safran a également intégré d’autres activités et entreprises, mais les opérations les plus pertinentes pour son histoire moteur restent la nationalisation de 1945, la coopération CFM et la création du groupe en 2005.

Aujourd’hui

Safran exerce des activités dans les moteurs d’avions, les équipements aéronautiques et la défense. Son portefeuille combine des programmes menés directement par le groupe et des coopérations, notamment CFM International avec GE Aerospace. Pour les moteurs en service, le soutien technique comprend la maintenance, la réparation, la fourniture de pièces et l’assistance aux compagnies aériennes. Ces tâches s’inscrivent dans un cadre de certification et de navigabilité qui évolue au cours de la vie de chaque type.

Le groupe participe à la recherche sur la réduction de la consommation et des émissions, tout en prenant en compte la sécurité, les coûts et les besoins opérationnels. Une amélioration annoncée ne constitue pas à elle seule une preuve de résultat dans toutes les conditions : les comparaisons doivent distinguer moteurs, avions et profils de mission. De Gnome et Rhône au LEAP, l’histoire retrace le passage des moteurs à pistons aux turboréacteurs et turbofans, ainsi que la place croissante des partenariats. Le dossier propulsion en expose les principes généraux.

L’histoire de la propulsion française comprend aussi des sociétés spécialisées dont les compétences ont rejoint des ensembles industriels ultérieurs. Turbomeca, créée en 1938, s’est consacrée aux turbines légères, notamment pour hélicoptères. Hispano-Suiza avait auparavant développé des moteurs et des équipements aéronautiques ; ses activités ont été intégrées à des groupes français au cours des réorganisations de l’après-guerre. Ces héritages ne se confondent pas avec celui de Snecma, mais éclairent l’étendue des métiers réunis au sein de Safran.

En 2018, Safran acheva l’acquisition de Zodiac Aerospace, équipementier spécialisé notamment dans les intérieurs et les équipements de cabine. Cette opération élargit le groupe au-delà des moteurs, en renforçant ses activités d’équipements aéronautiques. Elle illustre une stratégie de portefeuille différente des seules coopérations de propulsion : un groupe peut réunir moteurs, systèmes et équipements, tout en maintenant des métiers techniques spécialisés. Le nom Zodiac Aerospace a ainsi rejoint l’histoire récente de Safran sans modifier l’identité de CFM International.

Avions marquants

Autres modèles

  • Gnome 9N (Gnome et Rhône)
  • Atar 9C
  • M88
  • Olympus 593
  • CFM56
  • LEAP

Sources

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