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Concorde

L'avion de ligne franco-britannique qui a assuré des vols commerciaux à environ Mach 2 pendant vingt-sept ans.

Concorde d'Air France, nez abaissé, aile en delta visible.
Le Concorde F-BVFB d'Air France lors de son dernier vol commercial, le 31 mai 2003. · Photo : Eric Salard · CC BY-SA 2.0 · Source : Wikimedia Commons

Histoire

Concorde résulte du rapprochement de recherches françaises et britanniques sur le transport commercial supersonique. L'accord intergouvernemental signé le 29 novembre 1962 organise une coopération durable entre les deux pays. Sud Aviation et la British Aircraft Corporation prennent en charge la cellule, tandis que les motoristes britanniques et français travaillent sur la propulsion. Les ambitions dépassent le simple remplacement des avions existants : il s'agit de réduire fortement la durée des voyages à longue distance. Ce choix suppose cependant de résoudre des difficultés techniques et économiques nouvelles. La répartition du travail, le financement public et la coordination entre partenaires constituent dès le départ des éléments essentiels du programme, au même titre que les performances attendues.

L'appareil associe une aile delta à forme évolutive, un fuselage étroit et quatre Olympus 593. Le nez peut être abaissé pour améliorer la visibilité pendant les phases lentes. À grande vitesse, les entrées d'air doivent ralentir et contrôler l'écoulement avant les compresseurs ; leur régulation joue donc un rôle majeur dans le fonctionnement propulsif. La postcombustion sert notamment au décollage et à l'accélération transsonique, mais n'est pas nécessaire pendant toute la croisière à Mach 2. Le transfert de carburant contribue au contrôle du centrage. L'échauffement aérodynamique, les contraintes de dilatation et la consommation font également partie des problèmes traités par les ingénieurs, bien au-delà de la seule forme extérieure de l'avion.

Le prototype français 001 vole à Toulouse le 2 mars 1969 ; le prototype britannique prend l'air le mois suivant. Les essais s'étendent sur plusieurs années afin d'explorer progressivement le domaine de vol et de préparer la certification. Le service commercial débute le 21 janvier 1976, Air France desservant Rio de Janeiro via Dakar et British Airways Bahreïn. Les dessertes transatlantiques prennent ensuite une place centrale, notamment vers New York. L'exploitation supersonique demeure toutefois soumise à des restrictions géographiques : le bang sonique limite les possibilités de croisière au-dessus des terres habitées. La vitesse annoncée ne se traduit donc pas par un avantage identique sur toutes les routes susceptibles d'être envisagées.

Air France et British Airways sont les deux compagnies qui exploitent durablement Concorde dans leurs propres flottes. Le transport régulier se concentre sur une clientèle disposée à payer pour réduire le temps de voyage, particulièrement sur l'Atlantique Nord. Les cabines transportent environ une centaine de passagers, dans un fuselage beaucoup plus étroit que celui des gros porteurs contemporains. Des vols affrétés et des voyages particuliers complètent les lignes régulières. Le programme ne trouve cependant pas le marché international initialement espéré : les intentions d'achat de nombreuses compagnies ne débouchent pas sur des livraisons. Les coûts, les contraintes d'exploitation et les restrictions environnementales contribuent à limiter sa diffusion, malgré les résultats techniques obtenus pendant les essais et en service.

Vingt appareils sont construits au total, en comprenant prototypes, avions de présérie et avions de série. Il ne s'agit pas d'une famille développée en nombreuses variantes commerciales successives : les différences principales concernent les étapes de mise au point et le passage au standard de transport de passagers. Les prototypes et appareils de développement ne doivent donc pas être confondus avec les avions livrés pour l'exploitation régulière. Les deux compagnies adaptent leurs aménagements et leurs procédures à leurs besoins, tout en utilisant le même principe de cellule et de propulsion. Le nombre limité d'exemplaires rend le soutien industriel particulièrement dépendant de la continuité de l'organisation technique, des pièces disponibles et des compétences spécialisées nécessaires à sa maintenance.

Le 25 juillet 2000, un Concorde d'Air France s'écrase à Gonesse après son décollage de Paris. La flotte est immobilisée, puis des modifications permettent une reprise du service en novembre 2001. Cette reprise ne débouche pas sur une prolongation durable : Air France et British Airways arrêtent les vols commerciaux en 2003, dans un contexte économique dégradé et de coûts de soutien élevés. L'accident ne doit donc pas être présenté comme l'unique explication du retrait. Concorde laisse une expérience étendue du transport civil à Mach 2 et de la coopération industrielle binationale. Les appareils conservés dans plusieurs musées documentent aussi les limites commerciales et opérationnelles d'un programme dont les réalisations techniques n'ont pas entraîné une production importante.

Pourquoi il a compté

  • Concorde a assuré un service régulier supersonique pendant vingt-sept ans.
  • Son développement a exigé une coopération industrielle franco-britannique durable.
  • Sa carrière montre les contraintes économiques et environnementales du transport supersonique.

Où le voir aujourd'hui

Sources

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