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Sud Aviation
Créée en 1957 par la fusion de SNCASE et SNCASO, Sud Aviation construit la Caravelle, développe des hélicoptères et porte la participation française à Concorde avant la fusion de 1970.
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Origines et nationalisations
Sud Aviation est l’aboutissement de réorganisations de l’industrie française de l’entre-deux-guerres. En 1936–1937, la nationalisation des principales entreprises aéronautiques conduit à la création de sociétés nationales spécialisées par région. Dans le sud-est, la SNCASE regroupe notamment des activités issues de Lioré et Olivier, Potez et des Chantiers aéronavals Étienne Romano. Dans le sud-ouest, la SNCASO rassemble d’autres usines et bureaux d’études.
Ces sociétés nationales conservent des équipes, des sites et des traditions de conception distincts. Elles travaillent pendant la guerre sous contraintes, puis participent à la reconstruction de l’industrie aéronautique après 1945. Au début des années 1950, l’État cherche à rationaliser les structures et à réunir les capacités industrielles. Les entreprises régionales contribuent ainsi à une industrie nationale en mutation, dont les programmes s’orientent vers les avions à réaction, les hélicoptères et les besoins civils d’après-guerre.
Sud Aviation et Caravelle
En 1957, la SNCASE et la SNCASO fusionnent pour former Sud Aviation, entreprise publique dont le siège est à Paris. La nouvelle société hérite de personnels et de moyens répartis sur plusieurs sites. Elle devient l’un des principaux constructeurs aéronautiques français et travaille à la fois sur les avions de transport, les appareils militaires et les hélicoptères.
La Caravelle est le programme civil le plus connu des premières années. Conçue autour d’une cabine pressurisée et de réacteurs placés à l’arrière du fuselage, elle effectue son premier vol en 1955, avant la création de Sud Aviation, sous la responsabilité de la SNCASE. Elle entre en service commercial en 1959. Le biréacteur Caravelle est exploité par des compagnies européennes et internationales. Son architecture contribue à l’expérience française des avions de ligne à réaction, dans un secteur où le Comet avait ouvert la voie commerciale.
Concorde et hélicoptères
Sud Aviation participe avec la British Aircraft Corporation au développement du Concorde, programme franco-britannique d’avion de transport supersonique. L’accord intergouvernemental est signé en 1962; les travaux sont répartis entre les partenaires. Le prototype français réalise son premier vol à Toulouse en mars 1969. En 1970, Aérospatiale reprend la responsabilité française du programme. Le Concorde demeure un cas singulier de coopération industrielle et de transport supersonique civil.
La société développe aussi des hélicoptères, secteur nourri par les compétences des sociétés qui l’ont précédée. L’Alouette II, premier hélicoptère de série au monde doté d’une turbine à gaz, effectue son premier vol en 1955 sous l’égide de la SNCASE. Suivent notamment l’Alouette III, le Super Frelon puis le Puma ; plusieurs programmes sont menés avec Westland dans le cadre d’accords franco-britanniques conclus à la fin des années 1960, qui concernent également la Gazelle et le Lynx. Les appareils répondent à des missions civiles et militaires, du transport et du secours à l’observation et aux opérations navales. L’activité s’appuie sur des architectures à voilure tournante et une expérience industrielle distincte de celle des avions de ligne.
Des programmes hérités à la coopération européenne
Les dates de premier vol permettent de distinguer les réalisations des sociétés fondatrices de celles de Sud Aviation. La Caravelle et l’Alouette II volent toutes deux en 1955 : elles ne sont donc pas nées dans une entreprise créée deux ans plus tard. Sud Aviation en poursuit le développement et la production. L’Alouette III vole en 1959, puis le Super Frelon en 1962. Cette succession réunit dans une même organisation des appareils de transport très différents, sans confondre leurs usages ni leurs équipes de conception.
Le Puma appartient à la génération suivante. Il effectue son premier vol en 1965, alors que Sud Aviation existe encore. Son développement et la coopération avec Westland précèdent ainsi la naissance d’Aérospatiale. Les accords franco-britanniques sur les hélicoptères ne constituent pas une fusion des constructeurs : ils organisent une collaboration entre partenaires qui conservent leurs structures. Le transport militaire, les missions navales et les usages civils font appel à des appareils et à des équipements différents au sein de cette activité.
Concorde engage une autre forme de coopération, fondée sur l’accord entre les gouvernements français et britannique de 1962. Le premier vol français de mars 1969 a lieu à Toulouse, où se concentrent des moyens d’assemblage et d’essais. La participation de Sud Aviation relève donc du développement et des premiers essais, non de l’exploitation commerciale ultérieure. Le programme relie l’histoire du constructeur à celle du transport supersonique, mais sa poursuite dépend désormais des organisations qui succèdent aux premiers partenaires.
Fusion de 1970 et héritage
Le 1er janvier 1970, Sud Aviation est réunie à Nord Aviation et à la Société pour l’étude et la réalisation d’engins balistiques, ou SEREB. La Société nationale industrielle aérospatiale, connue comme Aérospatiale, rassemble avions, hélicoptères, missiles et activités spatiales. La société Sud Aviation cesse d’exister séparément, mais ses programmes et ses moyens industriels ne disparaissent pas. La fusion élargit le périmètre au-delà de celui des seuls avions civils et reprend les compétences de trois entreprises.
La Caravelle et Concorde occupent des places différentes dans cet héritage du transport à réaction : la première entre en service pendant l’existence de Sud Aviation, le second après sa disparition. Les hélicoptères prolongent également le travail des sociétés nationales régionales. Cette continuité, depuis les nationalisations jusqu’aux regroupements européens ultérieurs, repose sur la transmission des équipes, des sites et des programmes plutôt que sur la conservation du nom de l’entreprise.
La transmission des programmes explique pourquoi plusieurs appellations industrielles peuvent apparaître dans l’histoire d’un même appareil. Pour identifier son constructeur, il faut tenir compte de la période considérée : conception initiale, premier vol, production ou soutien en service.
Avions marquants
Autres modèles
- Alouette II (1955)
- Alouette III (1959)
- Super Frelon (1962)
- Puma (premier vol 1965)
- Concorde (avec BAC, 1969)
Sources
- Airbus — Our history
- Airbus — Our story: the evolution of Airbus
- Airbus — Our product: history
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