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Constructeur

Aérospatiale-Matra

Créé en 1999 par le rapprochement d’Aérospatiale et de Matra Hautes Technologies, le groupe participe à la fondation d’EADS en 2000.

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Photographie — Airbus A340-300 de Lufthansa à Francfort, octobre 2000
Airbus A340-300 de Lufthansa à Francfort, octobre 2000 · Photo : Aero Icarus · CC BY-SA 2.0 · Source : Wikimedia Commons

Origines : deux trajectoires industrielles

Aérospatiale-Matra naît en 1999 du rapprochement d’Aérospatiale et de Matra Hautes Technologies, appartenant au groupe Lagardère. Le nouvel ensemble associe deux trajectoires différentes de l’industrie française. Aérospatiale est issue de la réunion, en 1970, de Sud Aviation, Nord Aviation et de la SEREB. Elle apporte des activités dans les avions civils et militaires, les hélicoptères, les missiles et l’espace. Matra Hautes Technologies rassemble des activités de défense et spatiales développées au sein de Matra, dont plusieurs reposent déjà sur des partenariats internationaux.

Cette origine explique la diversité du portefeuille réuni sous une même dénomination. Il ne s’agit pas d’un constructeur lancé autour d’un avion nouveau, mais d’un groupe reprenant des programmes, des participations et des coopérations existantes. L’histoire de Sud Aviation, avec le Concorde et les hélicoptères, appartient à cette filiation sans se confondre avec la courte existence d’Aérospatiale-Matra. Pour comprendre le groupe de 1999, il faut distinguer la date de son rapprochement capitalistique des dates de conception et de mise en service des produits qu’il hérite.

Rapprochement et ouverture du capital

L’opération de 1999 associe le rapprochement industriel à une transformation de l’actionnariat d’Aérospatiale. L’apport de Matra Hautes Technologies fait entrer Lagardère dans le capital du nouvel ensemble. Une ouverture du capital au marché accompagne cette réorganisation, avec une introduction en Bourse à Paris en 1999. Le passage d’une majorité publique à une majorité privée n’entraîne pas le retrait complet de l’État français : celui-ci conserve une participation. La privatisation est ainsi partielle du point de vue de la cession des intérêts publics, malgré le changement de contrôle majoritaire.

Cette structure rassemble donc un actionnaire industriel privé, l’État et des investisseurs de marché, parmi lesquels les salariés. Elle distingue Aérospatiale-Matra de l’ancienne entreprise nationale tout en maintenant une présence publique dans un groupe engagé dans la défense et l’espace. Les pourcentages ne sont pas nécessaires pour décrire ce changement : l’élément essentiel est la coexistence d’une cotation boursière et d’actionnaires de référence. Le rapprochement intervient parallèlement à des discussions sur la consolidation européenne, qui concernent à la fois les entreprises et leurs alliances par métier.

Avions et hélicoptères : programmes hérités

Dans les avions civils, le groupe reprend la position d’Aérospatiale au sein du consortium Airbus. L’A300 appartient aux premières réalisations de cette coopération, tandis que la famille A320 représente une génération plus récente de monocouloirs. Ces avions ne sont pas conçus en 1999 : Aérospatiale-Matra hérite des responsabilités industrielles françaises exercées sur leurs programmes. Le modèle du consortium répartit les travaux entre plusieurs partenaires nationaux. La création du groupe ne transforme donc pas immédiatement Airbus en une entreprise unique ni ne fait disparaître les participations de ses autres membres.

Le groupe participe aussi aux avions régionaux ATR 42 et ATR 72, issus de la coopération franco-italienne engagée par Aérospatiale et Aeritalia. Le Concorde figure dans son patrimoine industriel, mais sa fabrication est déjà achevée depuis longtemps. Son inclusion doit être comprise comme une filiation de programme, non comme une production nouvelle pendant la période 1999-2000. Les hélicoptères relèvent d’Eurocopter, constitué en 1992 par la fusion des activités hélicoptères d’Aérospatiale et de DASA (ex-MBB), à 70 % / 30 %. Cette organisation franco-allemande demeure une composante du portefeuille repris par Aérospatiale-Matra.

Missiles et espace : des alliances par métier

Les missiles réunissent des compétences issues des deux partenaires français. Aérospatiale apporte notamment des systèmes tactiques et balistiques, tandis que Matra est déjà engagée dans Matra BAe Dynamics avec British Aerospace. Le périmètre du groupe comprend ainsi des activités propres et des intérêts dans des sociétés communes. Les différentes catégories d’engins ne répondent pas aux mêmes besoins militaires et ne relèvent pas toutes d’une organisation identique. La constitution d’Aérospatiale-Matra s’inscrit dans une consolidation de ce secteur, sans signifier que tous les regroupements européens de missiles sont achevés dès 1999.

Dans l’espace, le groupe est présent dans les lanceurs, les satellites et leurs systèmes associés. Les activités d’Aérospatiale comprennent des responsabilités industrielles dans Ariane et les missiles balistiques, tandis que la branche Matra apporte notamment ses intérêts dans Matra Marconi Space. L’organisation d’Astrium se prépare dans ce contexte de rapprochements européens. Il faut distinguer les lanceurs spatiaux, les satellites et les systèmes de défense, même lorsque des compétences techniques sont communes. Le groupe de 1999 constitue un ensemble aérospatial diversifié et non seulement un producteur d’avions commerciaux.

Création d’EADS et situation actuelle

Le 10 juillet 2000, Aérospatiale-Matra participe à la création d’EADS, avec l’allemand DASA et l’espagnol CASA. Les trois ensembles apportent leurs activités au nouveau groupe européen. Pour Aérospatiale-Matra, l’existence comme groupe indépendant aura donc été brève. Cette étape dépasse une alliance limitée à un programme : elle réunit au niveau capitalistique des activités jusque-là détenues par plusieurs groupes nationaux. Elle n’abolit toutefois pas toutes les coopérations extérieures, car certains programmes et sociétés communes conservent des partenaires qui ne sont pas intégrés à EADS.

Aérospatiale-Matra n’est plus aujourd’hui un groupe indépendant coté. Son histoire se poursuit dans les structures issues d’EADS, devenu Airbus Group en 2014 puis Airbus en 2017, ainsi que dans les regroupements propres à certains métiers. La dénomination correspond à une étape précise de la consolidation européenne entre 1999 et 2000. Elle permet de suivre le passage d’une entreprise nationale française à un ensemble associant capitaux publics et privés, puis à une organisation multinationale. Cette succession ne doit pas faire attribuer rétroactivement au groupe de 1999 la conception de tous les appareils hérités d’Aérospatiale.

Avions marquants

Autres modèles

  • Eurocopter (hélicoptères / helicopters)
  • Ariane (lanceurs / launch vehicles)

Sources

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