Dassault Rafale
Une famille française d’avions de combat réunissant versions terrestres et embarquée.

Histoire
Le Rafale trouve son origine dans le renouvellement des avions de combat français à la fin de la guerre froide. Les besoins concernent à la fois l'armée de l'Air et la Marine, avec des missions auparavant réparties entre plusieurs types d'appareils. Après des discussions européennes qui ne débouchent pas sur un programme commun avec la France, celle-ci poursuit une voie nationale. Dassault Aviation développe le démonstrateur Rafale A pour explorer les choix aérodynamiques et techniques du projet. Il faut distinguer cet appareil expérimental des avions de série : l'année 1986 correspond au premier vol du démonstrateur, et non à la disponibilité opérationnelle du chasseur dans les forces françaises.
La configuration associe une aile delta et des plans canards rapprochés, avec des commandes de vol électriques. Deux réacteurs assurent la propulsion. Le démonstrateur Rafale A utilise des General Electric F404, tandis que les avions de série reçoivent des Safran M88. Le système d'armes associe radar, capteurs, équipements de guerre électronique et armements intégrés selon les standards successifs. La conception vise plusieurs missions, notamment la défense aérienne, l'attaque au sol, la reconnaissance et l'attaque maritime. Cette polyvalence repose sur des équipements et des qualifications précis : elle ne signifie pas que tout appareil, à toute date, dispose automatiquement de l'ensemble des capacités développées au cours du programme.
Le Rafale A effectue son premier vol le 4 juillet 1986. Les prototypes représentatifs des versions de combat commencent leurs essais en vol en 1991. Le développement se poursuit avec les campagnes d'essais, la mise au point du moteur et l'intégration des systèmes. La Marine déclare sa première flottille de Rafale opérationnelle en 2004 ; l'armée de l'Air met son premier escadron en service opérationnel en 2006. Ces repères ne se confondent pas avec les premières livraisons ou les évaluations menées auparavant. Ils montrent le temps séparant un démonstrateur aérodynamique d'un ensemble utilisable en unité, avec ses armements, son soutien technique et ses équipages formés.
En France, le Rafale est employé depuis des bases terrestres et, pour la version M, à bord du porte-avions Charles de Gaulle. Il participe à des opérations en Afghanistan, en Libye et au Levant, dans des contextes et avec des configurations différents. Sa carrière comprend également des missions de police du ciel, de présence et d'entraînement. À l'exportation, l'Égypte, le Qatar et l'Inde comptent parmi les utilisateurs, rejoints notamment par la Grèce et la Croatie. Il convient de distinguer les pays ayant signé une commande de ceux ayant effectivement reçu des appareils. Les avions exportés ne reprennent pas nécessairement tous les équipements ou toutes les missions des forces françaises.
La famille comprend le Rafale C monoplace terrestre, le Rafale B biplace terrestre et le Rafale M monoplace embarqué. Ce dernier reçoit les adaptations nécessaires aux catapultages et aux appontages ; il ne s'agit pas simplement d'un appareil terrestre affecté à un navire. Les standards successifs élargissent les capacités du système d'armes. Le standard F1 des débuts navals est centré sur la défense aérienne ; les évolutions ultérieures ajoutent ou développent d'autres fonctions. Les standards F3, F3-R et F4 correspondent à des étapes distinctes d'intégration et de modernisation. Le radar à antenne active et les armements intégrés doivent ainsi être associés aux configurations concernées, plutôt qu'attribués rétrospectivement au démonstrateur de 1986.
Le Rafale n'a pas de date générale de retrait du service à attribuer à sa fiche historique. Son histoire se lit dans la succession des livraisons, des mises à niveau et des emplois opérationnels établis. Le démonstrateur et les avions de combat témoignent de phases différentes, qu'une même dénomination ne doit pas masquer. L'héritage du programme tient à la convergence des besoins terrestres et embarqués dans une famille commune, ainsi qu'au développement français de ses principaux systèmes. Il montre aussi que la polyvalence d'un avion militaire se construit progressivement par des essais, des logiciels, des équipements et des qualifications, et non par la seule forme de sa cellule ou par une appellation commerciale.
Pourquoi il a compté
- Le programme rapproche les besoins de l’aviation terrestre et embarquée dans une famille commune.
- Ses capacités se développent par standards successifs du système d’armes.
- Le premier vol du démonstrateur en 1986 doit être distingué de l’entrée en service des avions de combat.
Où le voir aujourd'hui
- Musée de l'Air et de l'Espace — Le BourgetRafale A (prototype) ; pas un Rafale de série.
Sources
- Dassault Aviation — Histoire
- EASA — Type certificates
- Dassault Aviation — Rafale