AeroHistoryEN

1901–1936

Jean Mermoz

Pilote de l'Aéropostale, auteur en 1930 de la première traversée postale commerciale de l'Atlantique Sud par avion.

2 min de lecture

Photographie — Jean Mermoz, pilote de l'Aéropostale
Jean Mermoz, pilote de l'Aéropostale · Photo : Auteur inconnu · Domaine public · Source : Wikimedia Commons

Parcours

Né à Aubenton, dans l'Aisne, Jean Mermoz apprend à piloter dans l'aviation militaire au début des années 1920. Son service le conduit notamment en Syrie. Revenu à la vie civile, il connaît une période d'emploi incertain avant d'entrer en 1924 aux Lignes Latécoère. Didier Daurat le recrute dans une entreprise où la compétence ne se mesure pas seulement à l'adresse aux commandes : elle suppose de respecter les procédures, d'entretenir le matériel et d'assurer la continuité du courrier.

Sur les lignes d'Afrique, Mermoz découvre un transport aérien encore dépendant de terrains sommaires et de moyens de secours limités. Les pannes et les atterrissages forcés font partie des risques du métier. L'organisation fondée par Pierre-Georges Latécoère avance par étapes, entre l'Europe, le Maroc et le Sénégal. Les pilotes doivent connaître les itinéraires et leurs possibilités de dégagement, mais aussi travailler avec les mécaniciens et les responsables d'escale, rarement présents dans les récits d'exploits.

À la fin de 1927, Mermoz rejoint l'Amérique du Sud pour participer au développement de l'Aéropostale. Il contribue aux liaisons entre le Brésil et l'Argentine ainsi qu'aux reconnaissances vers le Chili. Les Andes imposent des contraintes différentes de celles du littoral : relief élevé, changements rapides du temps et faibles marges de manœuvre. Ses vols avec le mécanicien Alexandre Collenot témoignent de cette phase d'expérimentation, où ouvrir une route ne garantit pas encore son exploitation régulière.

Réalisations

Mermoz participe aussi au développement du vol de nuit, nécessaire pour réduire les délais du courrier sur les longues distances. Cette recherche de continuité transforme le travail des équipages : la navigation et l'appréciation du temps doivent s'effectuer avec moins de repères visuels. Elle constitue l'arrière-plan professionnel de « Vol de nuit », le roman de Saint-Exupéry. Il convient cependant de distinguer l'œuvre littéraire des trajectoires individuelles et des décisions d'exploitation dont elle s'inspire.

Les 12 et 13 mai 1930, Mermoz relie Saint-Louis du Sénégal à Natal, au Brésil, sur un Latécoère 28 à flotteurs baptisé « Comte de La Vaulx ». Il vole avec le navigateur Jean Dabry et le radio Léopold Gimié, en transportant du courrier. La traversée commerciale démontre qu'un appareil peut remplacer la liaison maritime sur ce segment. Elle ne constitue ni la première traversée aérienne de l'Atlantique Sud, ni l'ouverture immédiate d'un service quotidien entièrement aérien.

Le choix d'un hydravion répond aux conditions de l'exploitation océanique de l'époque. La préparation comprend des moyens radio et une assistance navale ; elle ne repose donc pas sur le seul pilote. Les difficultés du retour soulignent les limites du matériel disponible. Mermoz poursuit ensuite les vols transatlantiques sur d'autres appareils, notamment le trimoteur Couzinet « Arc-en-Ciel ». Après la création d'Air France en 1933, il continue de participer au développement de ses liaisons océaniques.

Héritage

Le 7 décembre 1936, Mermoz disparaît avec ses quatre compagnons à bord du Latécoère 300 « Croix-du-Sud », dans l'Atlantique Sud. Sa mort nourrit une mémoire héroïque qui tend à effacer le travail collectif et les incertitudes techniques. Son parcours appartient aussi à l'histoire politique de l'entre-deux-guerres : engagé aux Croix-de-Feu, il devient vice-président du Parti social français en 1936. Évoquer cet engagement permet de restituer une personnalité historique plutôt que de prolonger seulement sa légende aéronautique.

Sources

À lire aussi